Que le temps passe vite!

Que le temps passe vite!

Cette semaine, de célébrer le 21ième anniversaire de la venue de Yolthy dans ma vie m’a fait réfléchir à mon cheminement. J’ai eu 50 ans en octobre dernier. Je suis maintenant bien ancrée dans la cinquantaine! Je ne trouve pas qu’avoir 50 ans, c’est vieux, pas du tout,  mais je considère que c’est une bien longue période et ça me laisse incrédule de penser que je suis sur cette terre depuis si longtemps! Quand j’y pense, je me dis : « Déjà? » Il me semble que j’étais à peine dans la mi-trentaine il n‘y a pas si longtemps. Quand je regarde le chemin parcouru, je me dis que jusqu’à présent, ça a vraiment bien été. Oui, oui! Il y a eu des périodes moins faciles, c’est certain, mais somme toute, wow! Quel parcours! J’en suis fière.

 

Yolthy 21ième anniversaire, que le temps passe vite

 

 

D’où je viens

Bien sûr, il y a eu l’enfance qui fut très confortable et heureuse avec un père et une mère qui m’ont donné amour, confiance en moi et toutes les possibilités de faire ce que je voulais. Pas nécessairement toujours d’accord avec mes décisions, mais qui m’ont laissée les prendre. Pour ça, je leur en serai toujours reconnaissante. Mon adolescence en fut une comme plusieurs.  Découvrir le monde, les garçons, l’amour pas toujours facile et l’émancipation de la personne que j’étais. Ce fut l’époque où ma grande gueule m’a servi et nuit le plus. Mon dieu! Pour savoir me défendre et prendre ma place, toute une qualité, pour savoir ne pas toujours tout dire, humm… un défaut. Mais, je me suis rendue à la vingtaine sans trop de problèmes et surtout, j’ai réussi à acquérir mon indépendance. Venant d’une famille moyenne qui ne manquait de rien, mes parents ont toujours été généreux et il fut à certains moments, plus facile de demander que de mériter, mais avec le temps, j’ai réussi à me procurer ce que je voulais par moi-même.

 

Je travaillais dans le milieu de la restauration et j’ai rencontré cette fille pas mal granol dans un bar du Vieux-Montréal, Heather, qui travaillait l’été et qui voyageait l’hiver. Je l’enviais. Je me suis dit que je pouvais faire pareil, que c’est ce que je voulais faire. C’était décidé ! J’allais voyager ! J’ai économisé et en novembre 1990, à 25 ans, je partais pour l’Asie du Sud-Est. J’ai tout laissé, mon appartement, ma voiture, j’ai vendu quelques biens et, merci à mes parents, j’ai entreposé le reste de mes affaires dans leur grenier. Wow ! Mon premier contact avec l’Asie ! Je tombée en amour avec ce continent. Je ne savais pas encore que ce contact allait changer ma vie. J’ai visité Hong-Kong, Bangkok, la Malaisie, et ses villes importantes, soient Penang, Melaka, Kuala Lumpur et finalement Singapore où j’y ai retrouvé l’homme qui allait devenir mon premier mari et avec qui j’allais cheminer pendant 10 ans.

 

Mes voyages

Ensuite, nous sommes allés en Australie, à Perth plus précisément, où j’ai commencé par cueillir des oranges, tâche très ardue et pas tellement payante pour ensuite travailler dans un restaurant grec dont le propriétaire était venu au Québec à l’époque de Duplessis et dont le souvenir plus intense était Tabarbak! Oui, oui! Il aimait tellement l’expression. Il me la disait tout le temps. Il m’a pris sous son aile et je fus en quelque sorte son chouchou.  Je reviens au Canada en avril 1991 avec l’idée de repartir le plus vite possible. Je dois de l’argent à mon père qui a payé mon vol de retour de l’Australie parce que je devais revenir le plus tôt possible pour une raison médicale. Tout se règle et on décide de repartir à nouveau moi et R, car on a la piqûre du voyage. Finalement, après avoir travaillé des heures de fou, avoir remboursé mon père et économiser assez pour partir à nouveau, je quitte le Canada en mars 1992. Je ne le savais pas à l’époque, mais je serai partie pour 8 ans. Le cœur léger, en amour, je quitte pour une grande aventure. Je visiterai à nouveau Singapore pour ensuite passé 9 semaines en Indonésie, faire la côte est de la Malaisie sur le pouce, pour ensuite retourner en Thaïlande. À partir de Bangkok, nous décidons de visiter le Cambodge, le Vietnam et le Laos. J’arrive au Cambodge le 8 août 1992, je verrai le Vietnam en novembre 1993, la Birmanie en décembre 1994 et, finalement, je n’irai jamais au Laos.

 

En Birmanie 1994, Que le temps passe vite!

En Birmanie, je m’amuse avec des enfants qui veulent apprendre l’anglais.

 

Au Cambodge

Lorsque j’arrive au Cambodge, c’est un pays décimé par la guerre. Les Accords de Paris ont été signés en février 1992. La guerre civile n’est pas tout à fait terminée malgré la signature de ceux-ci. Le roi Sihanouk revient au pays après un exil forcé en Chine. Une chose que je réaliserai quelques mois plus tard, il n’y a pas d’oiseaux à Phnom Penh. La ville se relève d’une guerre. Les bâtiments sont criblés de trous de balles. Les rues sont abimées. La Nations Unies sont partout. Mais, les cambodgiens sont souriants et surtout heureux de nous voir. Je suis jeune, je n’ai pas peur, je fonce. Je ne sais pas encore que je vivrai au Cambodge pour les 8 prochaines années de ma vie. Je suis heureuse.

 

Le pays a cruellement besoin de se remettre sur pied. Il y a plusieurs ONGs sur place. Ils ont besoin de gens. Je n’ai pas de formation comme tel. Je parle anglais et je fais partie de ces jeunes gens téméraires qui ont décidé de visiter le Cambodge et qui veulent y rester. Les organisations ont besoin de nous et si on a quelques qualifications que ce soit, ils nous engagent. Je n’ai pas de formation. Je n’ai pas fini grand chose à l’école. Mais, je parle anglais. J’ai une excellente grammaire. ACE, The Australian Centre for English, organisation australienne, décide de m’engager comme professeur d’anglais. J’y travaillerai de 1992 à 1994. J’enseignerai au Level 1-2-3. J’aime ça. Je deviendrai superviseur du programme pour enfants. Ma force? La simplicité. Je me souviens d’avoir passé 90 minutes à enseigner «What’s your name ? » avec du rap. Mon dieu que nous avons eu du plaisir. J’adorais mes étudiants!

ACE Australian Center for education Que le temps passe vite!

Avec deux étudiantes, devant ACE.

 

Et, j’ai aussi fait du bénévolat. Je donnais du temps à Canada House.  Un orphelinat tenu par Naomie Bronstein. C’est là que j’ai rencontré ma fille, Yolthy. La plus grande richesse de ma vie. Cette petite cocotte qu’on appelait Chocolate Baby m’a frappée comme la foudre. Je me souviendrai toujours la première fois que je l’ai vue. C’est difficile à expliquer. C’est comme la première fois qu’une maman pose les yeux sur son nouveau-né. C’est un sentiment que je comprendrai plus tard, mais c’est ce que j’ai ressenti. J’ai décidé qu’elle serait ma fille. Elle est arrivée à la maison le 4 mars 1995. Elle avait 3 ans et 3 mois. Elle a eu 24 ans en décembre.

Yolthy Que le temps passe vite!

Yolthy lorsque je l’ai rencontrée. Elle devait avoir environ 2 1/2 ans.

 

En 1994, je laissais ACE pour un autre projet. En plus d’être dans le processus d’adoption avec Yolthy, j’allais ouvrir mon propre restaurant ! Wow! Je n’avais jamais eu ma propre entreprise, je n’avais jamais eu d’employés, mais je savais cuisiner! Ce fut une merveilleuse aventure qui dura 5 ans. Et entre temps, j’ai été consultante pour l’ambassade Canadienne pour un projet de la francophonie, Observatrice pour les élections en 1998 et je faisais toujours mon bénévolat.

 

En 1997, il y eu un coup d’État. J’ai dû fermer mon restaurant pour quelques semaines. Un de nos amis canadiens d’origine Cambodgienne fut tué lors de cet évènement. Moi et Yolthy avons accompagnée sa veuve et sa petite fille de 9 mois pour être évacuées vers la Malaisie par avion militaire australien. Des moments intenses et remplis d’émotions. Nous étions de retour une semaine plus tard. Quelques semaines plus tard, soit le 8 septembre 1997, enceinte de 25 semaines, je perdais notre petit ange Alexandre. Ce fut un dur coup pour notre petite famille. Yolthy ne comprenait pas trop que le petit frère qu’elle attendait depuis si longtemps n’était plus. Nous avons eu Alexandre pendant 8 heures. Période difficile. On se remettra peu à peu du coup et de la perte d’Alexandre, mais notre couple n’y survivra pas. La fin de l’année 1997, 1998 et 1999 ne sont pas les meilleures. Le restaurant ne va pas très bien suite au coup d’état. Nous avions prévu revenir au Canada en 1999. Je reviens au Canada avec Yolthy en juillet 2000. Je suis maintenant mono parentale.

 

Évacuation avec Yolthy Que le temps passe vite!

Avec Yolthy lorsque nous avons été évacuées en Malaisie par avion militaire.

 

 

Je reviens au Canada

Je suis heureuse d’être de retour. L’hiver m’a manqué! Je suis de retour sur les bancs d’école en réseau. Je suis fascinée par les ordinateurs. J’aime les ouvrir, les démonter puis les remonter. Je m’inscris à une certification collégiale. Je suis tellement excitée à l’idée de retourner à l’école. J’ai 35 ans et Yolthy 9 ans. Je termine en novembre 2001. Je travaille pendant 3 ans chez Bell Sympatico et en 2002, je rencontre Glenn. Je suis follement amoureuse de cet homme. Ses amis, sa famille m’accueillent. L’amour existe encore…

 

Glenn l'amour existe encore Que le temps passe vite!

Pour notre 5ième anniversaire, on décide de se marier en août 2007.

 

 

Il a deux grands garçons formidables. Ils acceptent immédiatement Yolthy comme leur petite sœur. Nous formons une famille recomposée absolument superbe. Je m’entends super bien avec Manon, la maman des garçons et l’ex-conjointe de Glenn. Moi, qui ait perdu son réseau d’amis de par mon absence de 8 années, je suis acceptée par ses amis et je me retrouve à faire partie d’un groupe qui se connaît depuis plus de 25 ans à l’époque. On m’accueille à bras ouverts. J’ai une nouvelle famille, de nouveaux amis, qui ne questionnent pas qui je suis. Quelle preuve d’amour. Je me sens riche. Riche et comblée.

 

Que le temps passe vite

Nathaniel, Nicolas et Yolthy probablement en 2008

 

En 2004, je n’en peux plus d’être employée. Ce qui, au départ, soit d’avoir un salaire régulier, d’échanger mes heures contre un salaire, de «puncher in & out », d’avoir des congés fériés, de ne pas avoir d’employés, que je sois là ou pas ne fasse pas une grande différence, ne convient plus du tout. J’ai de l’ambition, je veux avancer. Où je suis, si je n’ai pas les bons amis, je n’avancerai pas. Je me lève écoeurée avant même d’aller travailler. Je dois faire autre chose.

 

Je deviens conseillère en sécurité financière. Je ferai ce travail à temps plein pour les onze prochaines années. Entre temps, je redécouvre la mise en forme. Et en 2010, je découvre P90X, un programme qui allait changer ma vie. Encore une fois, je ne connaissais pas l’impact qu’allait avoir Tony Horton sur ma vie sauf qu’à l’époque, ce fut un grand défi que de compléter le 90 jour.

 

SUITE À SUIVRE…

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